mercredi 24 juillet 2013

Exposition Impressions/multiples. Relief et creux


Où ? Abbaye de Baume-les-Messieurs, Ancien dortoir des moines.

Quand ? Tous les jours de 11 à 18 heures du 7 au 15 septembre 2013. 

Comment ? Entrée libre, accueil par les artistes et les membres de l'association.


Cette exposition  rassemble des œuvres de Josette Coras (1926-2008), ainsi que d’une quinzaine d'artistes français et suisses. Parmi les artistes présents dans cette exposition, certains avaient été invités à présenter leurs œuvres dans l’Abbaye par Josette Coras au cours des dernières décennies.

Avec l’appui du Conseil général du Jura, l’association De Josette Coras à Baume-les-Messieurs présente dans le dortoir des moines l’exposition d’estampes intitulée « Impressions Multiples/ Relief et Creux ». Reprenant le titre d’une exposition montée en 1999 par Josette Coras, l’association réactive le lien entre ce lieu qu’elle habita pendant plus de 50 ans et nombre d’artistes et créateurs qu’elle sut y attirer, dont certains seront présents 5 ans après sa disparition.
Une quinzaine d’artistes franc-comtois, taïwanais et suisses participent à cette première exposition d’estampes. Cette exposition participe à la fois du souvenir et d’une projection vers l’avenir. L’association nourrit en effet le projet de voir à nouveau des graveurs œuvrer dans l’abbaye de Baume-les-Messieurs et y contribuer au rayonnement d’un art  à la fois exigeant et accessible.



En sa qualité de graveur, Josette Coras, particulièrement inspirée par le territoire où elle avait choisi de vivre, fut notamment invitée en résidence à Genève, rayonnant ainsi au-delà de Baume-les-Messieurs et allant à la rencontre des artistes de l’Arc Jurassien. Cette première exposition se veut le reflet fidèle de son parcours singulier.
Les artistes présents dans l’exposition « Impressions/ Multiples, Relief et creux » sont les suivants :

Anne Baillod, Genève (Suisse)
Jo Bardoux, Aumont (France)
Pierre Bassard, Besançon (France)
Myriam Bieldmann, Chens sur Léman (France)
Christian Bozon, Malaga (Espagne)
Jean-Bernard Butin, Sellières (France)
Christine Chavan, Cran Gevrier (France)
Josette Coras, Baume-les-Messieurs (France)
Monique Cugnot, Choulex (Suisse)
Gilles Enry, Besançon (France)
Janine Gillot-Berthet, Adelans (France)
Alain Menegon, Marnay (France)
Emmanuel Mottu, Genève (Suisse)
Pablo Osorio Avella, Châteleine Genève (Suisse)
Franzisca Schiratsky, Zurich (Suisse)
Dominique Sosolic, Dole (Jura)
Yang Jeong-Dih, Tapei (Taïwan)

L’association De Josette Coras à Baume-les-Messieurs tient à souligner la participation active et le soutien du Conseil Général du Jura ; elle remercie la Communauté de Communes des Coteaux de la Haute-Seille et la commune de Baume-les-Messieurs pour leur adhésion au projet et à son développement. Ces partenariats reflètent à la fois l’attachement à l’artiste, la reconnaissance de son œuvre et la volonté de voir  s’exprimer la sensibilité artistique au sein de l’abbaye et au-delà.

Deux expositions en septembre


Deux expositions liées à la vie et l’œuvre de Josette Coras sont présentées simultanément dans l’Abbaye de Baume-les-Messieurs. La première (« Regards croisé »), dans le logis abbatial, est consacrée à la vie et l’œuvre de Josette Coras. La seconde (« Reliefs et creux »), dans l’ancien dortoir des moins, rassemble quinze artistes français et suisses proches de cette dernière.

-       Logis abbatial (1ère cour)

Exposition "L’abbaye de Baume-les-Messieurs / Regards croisés"
Présentation d’œuvres de Josette Coras dans ce qui fut son atelier.
Projection de films de Jean-Luc Bouvret sur l’artiste et son approche de la gravure.
Du 21 septembre au 13 octobre 2013. Entrée gratuite.

 

-       Ancien dortoir des moines (3ème cour)

Exposition "Impressions/multiples. Relief et creux"

Du 7 au 15 septembre 2013. Entrée libre.

Accueil par les artistes exposants et les membres de l’association




mardi 14 août 2012

Illustration scientifique

Dans le cadre d'un séminaire sur l'illustration scientifique à l'université de Bourgogne, Marie-Odile Bernez vient de proposer un petit texte sur le travail de Josette sur son blog. Vous pouvez le lire en cliquant là.




mercredi 3 septembre 2008

Quelques années à Baume chez Josette Coras

Le Progrès_08_2007

Quelques années à Baume chez Josette Coras

A l’occasion de son exposition rétrospective et de la sortie d’un ouvrage qui lui est consacré, Josette Coras nous a reçus pour un entretien. Cette artiste inclassable et prolifique qui, pendant plus d’un demi-siècle, a insufflé vie et rayonnement à l’abbaye revient sur son parcours.

En milieu de matinée, l’abbaye de Baume-les-Messieurs est encore silencieuse et seules les cloches de l’église semblent rythmer sa vie. Josette Coras nous reçoit chez elle, devant la grande cheminée du logis abbatial, transformé en salle d’exposition pour un dernier été avant son déménagement. Vive, lumineuse, brillante, elle revient sur son parcours et sur le lien si particulier l’attache au Jura et à l’abbaye.

- Qui a eu l’idée de cette exposition rétrospective ?

- C’est moi. Comme je vais déménager en partie et changer de vie bientôt, j’avais envie de marquer ce changement par quelque chose de positif. Sans le savoir, j’ai archivé tout au long de ma vie et les chapitres de l’exposition étaient précis dans mon esprit. Plus qu’une rétrospective personnelle, j’avais surtout envie que des gens me disent aussi ce qui c’était passé entre mon arrivée dans les années 1950 et 2007, parce qu’en réalité, je peux pas être le lecteur absolu de cette histoire. J’avais envie d’interroger ces trajectoires, de comprendre, et c’était moins cher qu’une psychanalyse !

- Comment est née votre vocation, cette envie de faire du dessin alors que vous étiez à Montain ?

- J’ai toujours dessiné, depuis l’age de trois ans et demi, je dessinais sur tout. J’étais la petite dernière et mes parents avaient un peu relâché la sévérité. Aussi, autour de moi des gens dessinaient : ma mère, mon parrain et ma cousine dessinaient, et puis nous avions de la famille qui travaillait au journal l’Illustration, donc nous avions des fois une revue avec des reproductions absolument magnifiques. La peinture était quelque chose de normal, de tout à fait accepté dans la famille. Il n’y avait pas la crainte que l’on a dans certaines familles de l’enfant qui deviendrait artiste, j’ai donc plutôt dessiné avec l’approbation familiale.

- Dans l’exposition, on voit que vous avez quitté le Jura au Maroc et à Paris. C’était difficile de quitter le Jura ?

- Ce n’était pas dur de partir au Maroc, parce que j’allais dans ma famille, invitée par des cousins très hospitaliers. A Paris, c’était plus difficile, il a fallu que ma mère me pousse. Elle pensait que ça me ferait du bien d’aller dans une capitale, me confronter à d’autres artistes, parce que j’étais fatalement le meilleur graveur de Montain, il n’y en avait pas d’autre ! J’ai appris le dessin puis la gravure dans plusieurs ateliers, notamment dans celui d’un graveur anglais qui accueillait des gens de toutes nationalités. C’était très intéressant, cela vous fait connaître votre niveau, ce qui est une bonne chose.

- Vous avez rencontré beaucoup d’artistes, comme Foujita ou de Stael, dans le Paris d’après guerre. Pourquoi avez-vous eu ensuite envie de revenir dans le Jura ?

- J’aimais la nature et surtout les villages. Il y avait une espèce d’image mythologique de la ruralité que mes parents avaient encore : dans un milieu rural, il est plus facile de connaître les liens sociaux que dans une grande ville. Ma mère avait épousé un lieu et j’ai continué, c’était comme un héritage de pensée qui était peut-être un peu utopique. Avec le temps, je me suis rendu compte que la ruralité n’avait peut-être pas toutes les qualités qu’on lui accordait, mais je n’imaginais pas du tout vivre autrement.

- Et comment êtes-vous arrivée à Baume-les-Messieurs ?

- C’est le hasard qui a fait que j’ai trouvé une maison à Baume-les-Messieurs. Mais, sans que je m’en rende compte, la beauté du lieu a tout de même eu beaucoup d’importance. J’ai sans doutes été attirée par la beauté de cette maison, de ce village et de ce cadre. Par son étrangeté aussi, et on ne fait pas d’art sans être intriguée.

- Quand on regarde les œuvres sur vos murs, on remarque que beaucoup d’artistes sont passés ici. Vous avez réussi à créer un foyer artistique autour de Baume-les-Messieurs, c’était votre volonté ?

- Non. Les gens passaient, c’était amical et cette vie était liée à la création, mais il n’y a jamais eu d’institution, et je ne sais pas si j’y tenais tellement d’ailleurs. Ensuite, les artistes qui ont exposé ici sont restés en relation. Je m’en rends compte aujourd’hui avec l’exposition. La semaine dernière Guy Bardone est venu et hier, Pierre Bichet. Qu’ont-ils gardé de leur passage à Baume ? Ce sont eux qui peuvent répondre, mieux que moi.

- Les rencontres ont été importantes dans votre parcours ?

- Oui. A certains moments, si je n’avais pas rencontré des gens qui m’ont fait confiance, je pense que j’aurais lâché. Je pense que la confiance de quatre ou cinq personnes dans ma vie m’a permis de continuer. C’est important les rencontres, parce que ça stimule aussi. D’ailleurs, ce que je demande à l’art des autres, c’est de me stimuler, de faire bouger ma pensée.

- Quels conseils vous donneriez à quelqu’un qui veut se lancer dans une carrière artistique aujourd’hui ?

- il n’y a rien à faire, il faut d’abord un trait qui a une certaine élégance, être capable de faire un beau trait ou une belle tache. Ensuite, c’est Rainer Maria Rilke qui dit ça : fais ça si tu ne peux pas faire autre chose, mais autant que possible ne le fais pas parce que tu vas avoir un mal fou à gagner ta vie et à te ménager des espaces pour créer. Je dirais donc à quelqu’un qui veut se lancer : si tu ne peux pas faire autrement, fais le. Ensuite, il trouvera sa voie, il y a encore des résidences d’artistes. Et puis on peut aussi être baby sitter : au Maroc et en Autriche, j’aidais des familles le matin et l’après midi, je dessinais. Je m’organisais comme ça parce que j’avais envie de dessiner, parce que je voulais vraiment en faire mon métier.

Propos recueillis par S. Cordier